Le financement participatif ou crowdfunding (« financement par la foule ») est un mode de levée de fonds réalisé auprès d’un large public de particuliers, pour financer un projet spécifique via une plateforme sur internet. Il peut se présenter sous trois formes : dons, prêts ou participations au capital.

Le porteur de projet peut être une entreprise, un particulier, une association ou une collectivité.

Inspiré du principe de la philanthropie ou du sponsoring, ce mode de financement est en plein essor grâce au développement des nouvelles technologies et, compte tenu des difficultés d’accès aux crédits traditionnels que peuvent rencontrer certaines entreprises spécifiques. Simple de fonctionnement et à la portée de tous, il constitue également un moyen de fédérer un grand nombre de personnes autour d’un projet sélectionné par le contributeur ou l’investisseur lui-même.

Ce nouveau financement attire tout particulièrement les jeunes entreprises ou les porteurs de projet qui ne peuvent ou ne veulent pas recourir au système bancaire. Le crowdfunding offre également des conditions attractives de financement pour une société en démarrage d’activité.

1- Trois modes de financement

On distingue trois modèles de crowdfunding :

  • Le don avec ou sans contrepartie
  • Le prêt rémunéré ou non rémunéré (crowdlending)
  • L’investissement en capital (crowdequity)

2- Les étapes d’une levée de fonds en crowdfunding

  1. Sélection du porteur de projet par la plateforme
  2. Rédaction et publication de la page projet
  3. Collecte des fonds
  4. Réalisation du projet
  5. Remboursement des prêts et revente des titres financiers

En 2014, un cadre juridique a été défini afin d’accompagner le développement de ce nouveau mode de financement et d’en protéger ses différents acteurs en France : l’ordonnance 2014-559 du 30 mai 2014 et le décret 2014-1053 du 16 septembre 2014. Entrée en application le 1er octobre 2014, la législation diffère sensiblement selon le type d’activité des plateformes : dons, prêts ou prises de participation.
Ainsi, deux statuts légaux propres à l’activité de financement participatif ont été créés sous respect de certaines conditions d’honorabilité et de compétences professionnelles. La réforme définit également les obligations en matière de transparence et d’information ainsi que les plafonds d’investissement et de collecte, révisés en octobre 2016 par le décret n° 2016-1453.

3- Le marché en France

L’association Financement Participatif France (FPF) publie depuis 2013 un baromètre semestriel et annuel du crowdfunding en France. Selon les rapports qui ont été publiés, le marché du financement participatif est en pleine croissance avec 233.8 M€ collectés en 2015. Initialement porté par les dons, le marché est désormais nettement dynamisé par les prêts (41%) suivi par les dons (29%) et prises de participation (29%).

En 2016, 21375 nouveaux projets ont été proposés.

Depuis 2008, environ 2,5 millions de personnes ont soutenu un projet de crowdfunding en France, tout public confondu.

La typologie des porteurs de projet dépend également du modèle de crowdfunding. Modèle privilégié par les porteurs de projets particuliers et associatifs, la collecte par dons rapporte en moyenne 4000 € par projet. Majoritairement initiés par les entreprises (98%), les prêts sont également collectés par les particuliers (1,6%). Enfin, la collecte par capital génère en moyenne 411 000 € par projet.

Les catégories de projets proposés sont diverses (création d’un produit, lancement d’un album ou d’un livre, projet humanitaire, création d’entreprise) et concernent différents secteurs tels que l’audiovisuel, l’édition, la technologie, l’humanitaire… Le financement d’entreprises (notamment les start-up) et les projets culturels et associatifs représentent ainsi la majorité des secteurs financés en 2016. Après une croissance exponentielle, le nombre de plateformes de crowdfunding tend à stagner depuis décembre 2015.

Majoritairement généraliste, certaines plateformes choisissent parfois de se spécialiser dans un secteur d’activité ou une zone géographique spécifique. Afin de faciliter le choix des contributeurs parmi les nombreuses plateformes et projets, Bpifrance a créé une place de marché du crowdfunding via le site tousnosprojets.fr qui répertorie les projets de l’ensemble des plateformes de crowdfunding partenaires. Sélectionnées conformément à un cahier des charges, elles s’engagent à fournir chaque jour leur stock de projets actualisé.

En parallèle de cette forte concurrence, les partenariats entre plateformes se multiplient, avec des acteurs publics (collectivités) ou même avec les acteurs du financement traditionnel. Certaines banques ont ainsi choisi de devenir actionnaires d’une plateforme, de contribuer à la sélection ou bien de participer à la collecte elle-même de projets (par exemple : la Banque postale et KissKissBankBank depuis 2011 ou BNP Paribas avec la plateforme Wiseed). D’autres banques proposent à leurs clients un accompagnement dans la mise en place de leur projet de crowdfunding.

Source : Banque de France

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